Et le pire arriva…

50 ans de débats, avancées, reculades, gesticulations puis concertations auprès des élus locaux, de la population locale… encore menaces, intimidation et enfin décision inique et de surcroît illégitime au regard des volontés exprimées tant par le vote que par le ras-le-bol d’une population prise en otage.

 

Il aura donc fallu 50 ans pour en arriver à cette conclusion terrible : le Droit Français n’existe plus. Tout du moins il ne vaut pas grand-chose face à une poignée d’hommes résolus (bravo à eux) prêts à en découdre avec l’armée, la police, le peuple.

 

Ces individus implantés dans cette ZAD (tout était dit dans cette acronyme… après tout quand on se défend c’est qu’on se sent attaqué) ont gagné bien plus qu’une bataille. Ils viennent tout simplement nous démontrer que la démocratie ne s’exprime aujourd’hui qu’au travers d’une minorité ; et contrairement à cette idée trop largement répandue, elle n’est en aucun cas l’expression d’une majorité.

 

Un exemple ? le dernier scrutin présidentiel… C’est bien celui qui veut davantage le pouvoir qui l’obtient, quand bien même il représente moins de 20 % de la population.

 

L’Etat français sort affaibli de cette décision prise par un gouvernement certainement plus à l’aise quand il s’agit d’aligner des chiffres que lorsqu’il doit faire respecter le Droit, la Loi.

 

Nous ne rappellerons pas les propos tenus par M. Macron en février 2017 en pleine période électorale validant le référendum favorable à la construction de l’aéroport et justifiant sa position en indiquant doctement que l’on ne peut revenir sur une décision prise par le peuple.

 

Nous ne rappellerons pas qu’il s’agit d’un nouveau coup porté aux élus locaux (dont la parole n’est pas entendue ) et à la nécessité de réorganiser le territoire.

 

Au-delà du choix cornélien à prendre entre la construction d’un nouvel aéroport et l’agrandissement de celui existant, comment ne pas voir que cette décision risque de faire jurisprudence. Car les projets de grande envergure nécessités par l’aménagement du territoire sont nombreux (on en dénombre une cinquantaine). Les prochaines ZAD sont donc à venir…

 

Enfin, quid de l’évacuation ? A peine la décision sortie de la bouche du premier ministre, certains occupants illégaux de ce bout de territoire (encore une zone de non droit) expriment leur volonté à rester sur site ! Sans parler bien évidemment de la confrontation musclée souhaitée par les plus irréductibles qui les fera passer pour victime. La politique du fait accompli a encore de beaux jours devant elle.

 

A bientôt pour le prochain épisode…

 

Patrice MAGNERON